Le prélèvement, à la source d’un hic inattendu pour les employeurs

Perçue par une majorité de salariés comme un manque à gagner, l’application du prélèvement à la source renforce le sentiment d’insatisfaction autour de la rémunération. Une situation qui conduit les employeurs à jouer sur des leviers de motivation alternatifs. Explications.

9 PME sur 10 ont communiqué sur le prélèvement à la source auprès des salariés avant son application.

En 2019, la crispation s’invite aussi sur les fiches de paie. L’application en janvier du prélèvement à la source (PAS) génère une panique aussi soudaine qu’inattendue chez les français – dont une majorité de salariés.

Alors que 6 français sur 10 se disaient favorables en septembre 2018 à cette réforme (enquête Ifop pour le JDD), plus de 70 % d’entre eux redoutent désormais un effet négatif lié à son application (sondage OpinionWay de décembre).

« Le sentiment de gagner moins »

Les principales craintes exprimées ? Des erreurs sur le montant prélevé (34 %), une baisse du pouvoir d’achat (24 %), le sentiment de gagner moins d’argent (19 %), une gestion plus difficile des finances (16 %) ou encore le sentiment de payer plus d’impôts (14 %).

A défaut de révéler des éléments rationnels, cet inventaire met en évidence l’effet psychologique du « PAS » sur la perception que chacun a de sa rémunération. Comme si, à partir de janvier, la fiche de paie devenait l’objet d’un manque à gagner.

9 PME sur 10 au rendez-vous

Conscientes de l’impact dans l’esprit de leurs salariés – et bien qu’elles ne disposent pas de ressources suffisantes pour anticiper le « PAS » -, les PME ont misé sur la pédagogie et la prévention. En témoigne l’enquête conduite entre novembre et décembre 2018 par la CPME.

On y apprend que près de 90 % de leurs dirigeants ont communiqué sur le prélèvement à la source auprès des salariés. Près de 7 PME sur 10 avaient même anticipé en ajoutant, dès l’automne 2018 à titre informatif, la préfiguration sur les fiches de paie – le montant de la rémunération après prélèvement. Bien évidemment cette mesure a un coût, et la grande majorité des entreprises attendent une compensation, sous forme d’un crédit d’impôt par exemple.

Les (vrais) leviers de motivation

En dépit de ces efforts, le « PAS » laissera malgré tout un goût amer aux salariés. Car le sentiment de « gagner moins » entame encore un peu plus l’insatisfaction générée par une rémunération qu’on voudrait toujours plus élevée – un principe théorisé par le psychologue américain Frederick Herzberg.

« Aucun employeur n’a les moyens de modifier la perception que les collaborateurs ont de leur salaire, affirme Sylvain Bianchini, le fondateur de WiiSmile. Ils peuvent en revanche pallier cette situation en activant les véritables leviers de la motivation que sont la reconnaissance, l’accomplissement et la progression ».

Une conviction que partagent les 7400 dirigeants clients de WiiSmile, à l’image de François Meignan, patron d’une petite PME (Saint Bernard Protection) qui pratique le télétravail et propose les avantages sociaux équivalents à ceux d’un grand groupe.

 

Le PAS : 2 infos pratiques à retenir

1) Le dirigeant n’est pas l’interlocuteur des salariés en ce qui concerne le prélèvement à la source. Seule la Direction générale des finances publiques transmet les taux des salariés, et l’entreprise a l’obligation de les appliquer.

2) Pour toute question sur le prélèvement à la source, contactez l’administration fiscale au 0 809 401 401 (lundi au vendredi, de 8h30 à 19 heures).

Partagez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *